À la découverte de la « frontière bleue » du Canada : le Fonds d’expédition de MEOPAR permet aux chercheurs de prendre la mer

À la découverte de la « frontière bleue » du Canada

Le Fonds d’expédition de MEOPAR permet aux chercheurs de prendre la mer

Il n’a jamais été aussi crucial de faire progresser l’économie bleue, en particulier ici au Canada. Avec le plus long littoral du monde, notre investissement stratégique dans la recherche océanographique est essentiel pour étudier des enjeux mondiaux cruciaux tels que le changement climatique et les cycles biogéochimiques, afin d’assurer un avenir durable à nos océans et à nos communautés. Chaque jour, des océanographes canadiens dévoués – qu’il s’agisse de chercheurs principaux confirmés, de professionnels de l’océan en début de carrière (ECOP) ou d’étudiants – s’attaquent à ces grands enjeux mondiaux avec pour mission de recueillir les données et observations essentielles nécessaires à l’élaboration des politiques, à la gestion et à la prise de décision.

Répondre à un besoin crucial

Pour que ces recherches scientifiques de niveau mondial puissent voir le jour, les chercheurs doivent se rendre physiquement en mer. Or, la communauté des chercheurs océanographiques est confrontée à des difficultés croissantes pour accéder aux navires et aux infrastructures indispensables à la réalisation des travaux sur le terrain et à la formation. Ce besoin crucial d’un accès élargi et flexible a été officiellement identifié par le Groupe de travail national sur les navires de recherche (NRVTT), qui a constaté que 86 % de la communauté des chercheurs océanographiques au Canada rencontrait des difficultés pour accéder à la mer. Le programme MEOPAR répond de manière proactive à ce besoin identifié par la communauté, en reconnaissant que la science d’expédition est souvent le seul moyen d’accéder à des environnements marins critiques, tels que les grands fonds océaniques, les zones sous-glaciaires ou les zones côtières reculées. Comme l’indique Jonathan Kellogg, responsable du programme des expéditions :

« Il faut pouvoir prendre la mer pour enquêter sur les plus grands problèmes du monde actuel. »

Jonathan Kellogg, responsable du programme « Expeditions »

Un investissement stratégique pour le leadership dans le domaine océanique

Par le biais du Fonds stratégique pour la science, le MEOPAR a lancé le Fonds d’expédition, qui constitue un élément central de sa nouvelle stratégie scientifique 2025-2030, s’inscrivant ainsi dans la quatrième priorité de cette stratégie : renforcer « le leadership en matière d’accès aux infrastructures marines et de développement des talents ». Ce fonds est conçu pour venir en complément d’autres sources de financement ; il apporte une solution essentielle qui élargit les critères d’éligibilité au-delà des bénéficiaires traditionnels de subventions et soutient les collaborations multidisciplinaires. Le Fonds d’expédition pourra allouer 1,25 million de dollars par an aux chercheurs marins pendant toute la durée de la nouvelle stratégie scientifique du MEOPAR, ce qui représente plus du double du financement national précédemment mis à la disposition des chercheurs pour leurs expéditions en mer. Le fonds s’articule autour de trois « horizons » distincts, garantissant ainsi aux chercheurs un soutien adapté à la durée et au degré d’urgence de leurs projets :
  • Horizon « Soutien stratégique » : l'appel à projets annuel principal, destiné à soutenir la recherche et la formation pluridisciplinaires.
  • Horizon « Réaction rapide » : à la disposition des chercheurs pour faire face à des événements urgents et nécessitant une intervention rapide, tels que des marées noires, des tempêtes soudaines ou des phénomènes géologiques.
  • Programme « Major Expeditions Horizon » : octroi de subventions plus importantes pour des expéditions d'envergure, complexes et portées par la communauté.
Il convient de noter que ce financement soutient les expéditions menées à bord de tout navire en état de naviguer. Des petits bateaux aux navires ravitailleurs hauturiers, tout ce qui flotte peut servir de navire de recherche. Cette flexibilité est renforcée par l’utilisation potentielle de l’infrastructure modulaire de recherche océanographique (MORI), qui permet de transformer de grands navires non spécialisés en plateformes de recherche. Il est important de souligner que ce fonds constitue également un vecteur de vérité et de réconciliation. Les candidats sont tenus de collaborer avec les communautés autochtones locales afin d’obtenir les autorisations nécessaires pour le prélèvement d’échantillons et sont encouragés à faire appel à des navires appartenant à des autochtones, dans la mesure du possible. Toutes les métadonnées doivent être rendues publiques sur des référentiels, tels que le CIOOS, et le partage des données est vivement encouragé afin de maximiser l’intérêt général.

Favoriser un impact transformateur et le développement des talents

Outre le renforcement des capacités de recherche en mer du Canada, en permettant aux océanographes d’obtenir des données essentielles, de valider des modèles à l’aide de mesures réelles et de faire progresser l’économie bleue du Canada, le Fonds d’expédition joue un rôle crucial dans le renforcement des capacités et la formation. Ce fonds est dédié aux opportunités de formation et, rien qu’en 2025, il a permis à 15 participants au programme ECOP d’acquérir une expérience indispensable en mer dans divers endroits du globe. Parmi les autres exemples notables de financements ayant un impact transformateur sur l’écosystème océanique canadien, on peut citer le financement accordé à une pêche expérimentale au homard menée en collaboration avec une communauté autochtone du Saint-Laurent, ainsi que la contribution de MEOPAR à l’embarquement de jeunes autochtones à bord du « Polar Prince », un navire de recherche appartenant à une communauté autochtone, pour une formation en haute mer. De plus, le financement des expéditions a permis de soutenir des projets de surveillance, tels que le déploiement de sismomètres sous-marins au large de la côte ouest afin de détecter des micro-séismes.

« Ce fonds est essentiel pour former la prochaine génération de chercheurs en sciences marines. »

Jonathan Kellogg, responsable du programme « Expeditions »

Élargissons nos horizons : rejoignez l'expédition

Le Fonds d’expédition joue un rôle essentiel dans le développement, le maintien et la fidélisation d’une main-d’œuvre qualifiée et diversifiée, en veillant à ce que les ECOP et les groupes sous-représentés bénéficient d’une expérience et d’une formation en mer. De plus, grâce à l’accès à ce financement, le MEOPAR contribue à la collecte de données et d’observations océaniques essentielles qui éclaireront les politiques canadiennes en matière d’adaptation au changement climatique et d’économie bleue.

En savoir plus et postuler :

Les personnes intéressées par les possibilités de financement d'expéditions sont invitées à consulter le site Page du Fonds d'expédition : Fonds d'expédition MEOPAR.

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