L'IA à la rencontre de l'océan
MEOPAR mène une initiative mondiale visant à façonner l'avenir des sciences marines
Discours d'ouverture de l'atelier, prononcé par Anne-Sophie Ste-Marie, directrice du Bureau de coordination du CIOOS, le 4 novembre 2025 / Kirsti Burnett, Pisces
Des experts se sont réunis à Halifax pour examiner comment l'intelligence artificielle transforme notre façon de comprendre, de prévoir et de protéger l'océan.
Lorsque des scientifiques, des technologues et des décideurs politiques venus de tout le Canada et du monde entier se sont réunis à Halifax les 4 et 5 novembre, une idée les a rassemblés : la manière dont l’intelligence artificielle peut révolutionner notre compréhension de l’océan.
Organisé par MEOPAR et CIOOS avec le soutien de Pêches et Océans Canada, l’atelier « Comprendre et prévoir l’océan grâce à l’intelligence artificielle » a transformé le Centre des congrès d’Halifax en un pôle mondial d’innovation et de collaboration. Cet événement de deux jours a réuni des spécialistes de l’IA, des chercheurs océanographiques, des décideurs politiques et des experts en données issus des pays du G7 et d’ailleurs afin de discuter de la manière dont les technologies intelligentes peuvent accélérer la recherche océanographique, améliorer les modèles de prévision et favoriser des réponses plus efficaces aux changements environnementaux.
Les participants se réunissent pour la dernière séance en petits groupes de l’atelier afin de discuter de mesures concrètes visant à intégrer l’IA dans le secteur maritime canadien, le 5 novembre 2025 / Kirsti Burnett, Pisces
« En réunissant des experts du Canada et du monde entier, nous avons créé un espace propice à des discussions ouvertes et au partage d’expertise sur les défis techniques, éthiques et politiques. Ce type de collaboration internationale est essentiel pour mettre en place des solutions responsables et durables qui transforment notre capacité à observer et à comprendre l’océan. »
– Anne-Sophie Ste-Marie, directrice du Bureau de coordination du CIOOSLe programme de l’atelier s’est articulé autour de quatre cas d’utilisation transformateurs, chacun coanimé par des experts dans leurs domaines respectifs. Les thèmes abordés allaient des modèles d’apprentissage profond améliorant les prévisions océaniques aux systèmes d’IA identifiant automatiquement les espèces marines à partir d’images et de sons, en passant par des algorithmes détectant les anomalies dans les données environnementales. La dernière session s’est penchée sur l’avenir des outils d’IA « agentique », ces assistants intelligents capables d’harmoniser des ensembles de données, de générer des métadonnées et de simplifier l’accès aux informations océaniques grâce à des requêtes en langage naturel.
Chaque étude de cas a mis en évidence la manière dont l’IA peut rendre la recherche plus rapide, plus ouverte et plus collaborative. Comme l’ont souligné MEOPAR et CIOOS, instaurer la confiance et la transparence quant à l’utilisation des données, et garantir leur accessibilité à tous les partenaires, est tout aussi important que le progrès technologique. Au-delà de la technologie, ce qui a véritablement marqué cet événement, c’est l’esprit de collaboration. Des représentants d’agences scientifiques fédérales, d’universités de premier plan et d’entreprises spécialisées dans les technologies océaniques se sont assis côte à côte pour partager leurs points de vue, leurs défis et leurs visions d’avenir. Le format hybride et les ateliers en petits groupes ont permis à des voix issues de toutes les disciplines et de tous les fuseaux horaires de s’exprimer, soulignant ainsi que l’avenir des sciences océaniques repose sur l’intelligence collective, tant humaine qu’artificielle. En établissant un lien entre l’infrastructure des données, l’éthique et l’innovation, l’atelier a reflété la mission permanente de MEOPAR : relier la communauté de la recherche marine canadienne et renforcer la capacité du pays à observer, prévoir et répondre aux changements océaniques.
Les discussions ne se sont pas arrêtées à Halifax. Les participants sont repartis avec l’engagement commun de poursuivre cette collaboration à travers des projets pilotes, des initiatives de formation et des partenariats transfrontaliers en matière de données. Des plans sont déjà en cours pour traduire ces échanges en actions concrètes : intégrer des modèles d’IA dans les prévisions opérationnelles, développer des ensembles de données partagés conformes aux principes FAIR et CARE, et créer des opportunités pour que les étudiants et les chercheurs acquièrent de nouvelles compétences à la croisée de l’IA et des sciences océaniques.
À l’issue de l’atelier, un thème a résonné dans toute la salle : la communauté océanographique est prête à adopter l’IA, mais à le faire de manière responsable, inclusive et collaborative.
Pour MEOPAR et le CIOOS, cet événement a marqué une nouvelle avancée dans l’écriture du prochain chapitre de la recherche océanographique, un chapitre où les données circulent plus rapidement, les analyses sont plus approfondies et où le Canada continue de jouer un rôle de premier plan dans l’avancement des connaissances pour un avenir bleu durable.
La dynamique générée au cours de ces deux jours se poursuit désormais à travers
Tisser des liens, une communauté de pratique en pleine expansion conçue pour entretenir ce dialogue et transformer cette ambition commune en actions coordonnées. Alors que les travaux se poursuivent au sein des différentes institutions et dans divers secteurs, cette communauté offre un espace commun pour échanger des compétences, explorer les applications pratiques de l’IA et élaborer conjointement des initiatives visant à renforcer la recherche océanographique et la gestion responsable des océans. Grâce à des sessions de formation continues, des discussions collaboratives et un espace propice à la création de nouveaux partenariats, l’initiative « Building Bridges » du CIOOS marque une nouvelle étape dans le soutien à l’innovation responsable à la croisée de l’IA et des sciences de la mer, et ouvre la voie à un engagement continu bien au-delà de l’atelier.