Construire un avenir collaboratif pour la recherche océanographique au Canada chez H2O
par Jamie ContosLe Canada possède le plus long littoral du monde, ce qui en fait un leader mondial de l’économie bleue, mais lui impose également un ensemble unique de défis liés à l’océan auxquels les Canadiens sont exposés. Du changement climatique à la biodiversité marine et à la perte d’habitats, en passant par la sécurité des frontières côtières et les enjeux liés au commerce mondial, il est urgent de mettre en place des solutions innovantes pour s’attaquer de front à ces problèmes. Ce n’est que par la collaboration que ces solutions pourront aboutir, ce qui constitue en soi un obstacle, car le paysage actuel de la recherche océanographique est fragmenté entre différents secteurs et disciplines.
Le Réseau d’observation et d’intervention en matière d’environnement marin (MEOPAR), en collaboration avec le Conseil des académies canadiennes (CAC), prend conscience de cet obstacle et s’est associé à ce dernier pour mettre en place un nouveau groupe d’experts sur la coordination de la recherche océanographique, qui contribuera, grâce à la collaboration, à façonner un avenir productif et innovant pour la recherche océanographique au Canada.
Grâce à la réalisation d'une enquête nationale et à l'organisation d'une série d'ateliers visant à identifier les difficultés, les lacunes et les opportunités, ainsi qu'à faire émerger des idées par le biais de discussions ouvertes et de la collecte de données, cette initiative ouvrira la voie à une approche collaborative de la recherche océanographique qui réunira le monde universitaire, les pouvoirs publics, l'industrie et le secteur technologique.
Au cours des prochaines semaines, MEOPAR et CCA continueront à nouer des partenariats de financement pour le projet et, après avoir examiné l'ensemble des retours d'information du secteur, ils définiront une question de recherche définitive à l'intention du groupe d'experts.
Le dernier atelier d'une série organisée à travers le Canada s'est tenu à Halifax dans le cadre de la conférence « Home to Overseas » (H2O), le 11 juin 2025.
Lors de cet atelier en présentiel, un groupe hétérogène composé de professionnels du secteur maritime, de chercheurs, de fonctionnaires et d’étudiants s’est réuni pour identifier et examiner certains des défis auxquels ils sont confrontés. Parmi les principaux défis mis en évidence au cours de la discussion, on peut citer :
- Éliminer les cloisonnements entre les secteurs
- Accès aux données, normalisation et utilisation
- Un besoin accru de formation aux compétences pratiques
- La nécessité d'un financement à plus long terme
- Réduction des obstacles réglementaires et administratifs
- Une meilleure articulation entre le monde universitaire et le monde de l'entreprise
- L'implication significative des communautés dans la recherche
Éliminer les cloisonnements entre les secteurs
La première étape de la collaboration consiste à lever les obstacles existants. Au cours des débats de l'atelier H2O, un large consensus s'est dégagé sur la nécessité de jeter des ponts entre les disciplines, les secteurs, les institutions et les systèmes de données afin de garantir une approche collaborative de la recherche océanographique.
Un autre défi mis en évidence est le fossé existant entre les technologies et les sciences de la mer ; il a ainsi été préconisé de se concentrer sur des stratégies visant à rendre les technologies océaniques plus accessibles aux scientifiques, tout en rendant la recherche océanographique plus accessible aux entreprises technologiques.
Accès aux données, normalisation et utilisation
L'un des défis soulevés tant par les jeunes chercheurs que par les fonctionnaires présents à l'atelier H2O est que l'infrastructure actuelle des données océanographiques est fragmentée et difficile à utiliser et à consulter. Le partage des données présente des complexités, résumées par les principes CARE (bénéfice collectif, autorité de contrôle, responsabilité et éthique), et ces principes revêtent une importance particulière en ce qui concerne les données appartenant aux populations autochtones et aux communautés.
Éducation, formation et développement des compétences
Les étudiants ayant participé à l'atelier H2O ont identifié un besoin d'approfondir leurs connaissances en matière de compétences relationnelles et de leur mise en pratique dans le monde réel, ce qui a donné lieu à une suggestion visant à associer le secteur privé à l'élaboration des programmes d'études. Au-delà des étudiants et des jeunes professionnels, il existe également un besoin de soutien supplémentaire en matière de formation afin de développer des compétences transférables dans les domaines des affaires et de la communication, dans le but de combler les lacunes au sein de la communauté de la recherche océanographique.
Financement et pérennité
Les participants ont souligné que de nombreuses possibilités de financement actuelles ne soutiennent que des projets à court terme, ce qui conduit à une vision à court terme et, par conséquent, entraîne une perte d’avantages à long terme. Cette discussion a donné lieu à un appel en faveur de davantage de possibilités de financement capables de soutenir des stratégies de recherche à long terme. Parallèlement, les participants ont exprimé leur souhait de disposer d’un financement diversifié qui aille au-delà de la recherche fondamentale et apporte un soutien au renforcement des communautés, à la communication et à la gestion des données.
Obstacles liés aux politiques et à la bureaucratie
Les participants à l'atelier ont souligné que les procédures d'autorisation et le manque de sources de données accessibles constituent des facteurs qui freinent l'innovation et entravent la mobilisation des connaissances. Ces défis ont donné lieu à un appel en faveur de procédures de passation de marchés plus agiles et plus transparentes entre les pouvoirs publics et le secteur privé.
Interaction entre le monde de l'entreprise et celui de l'enseignement supérieur
En raison de la grande diversité des attentes au sein du monde industriel et universitaire, il est souvent difficile de mettre en place et de gérer des collaborations. Une solution possible, suggérée par les participants à l'atelier H2O, consisterait à proposer des formations sur la manière de partager efficacement les ressources, les équipements et le personnel dans le cadre de projets visant à atteindre des objectifs communs.
Pertinence communautaire et décolonisation
Les participants ont souligné qu’il était essentiel d’impliquer les communautés dans la recherche, même si, à l’heure actuelle, cet aspect est souvent considéré comme secondaire. Au cours de l’atelier, il a été souligné que l’implication des communautés devait constituer un élément central de la conception de la recherche dès le début. Les données et les travaux de recherche doivent être adaptés aux groupes en quête d’équité et aux populations autochtones afin de créer des ressources au service de tous.
Aidez-nous à relever les défis, à faire tomber les barrières et à renforcer la collaboration afin de donner naissance à une nouvelle vague de recherche océanographique innovante et portée par les communautés au Canada.
Aussi important que soit de relever les défis soulevés par les participants à l’atelier H2O, ceux-ci ne constituent pas le seul aspect à prendre en compte lorsqu’on envisage l’avenir de la recherche océanographique au Canada ; il existe également des opportunités à explorer. Par exemple, des possibilités de financement telles que le Fonds d’accès au calcul pour l’IA du Canada, doté de 2 milliards de dollars, peuvent soutenir la recherche océanographique et les infrastructures de données, et on observe un intérêt croissant pour les laboratoires d’innovation, les bourses de mentorat et les programmes d’entrepreneuriat tels que le Creative Destruction Lab.
Que vous souhaitiez contribuer à l'élaboration du processus, participer aux prochaines initiatives de mobilisation ou apporter votre soutien en tant que partenaire financier par l'intermédiaire de votre organisation, vous trouverez certainement un moyen de vous impliquer.
Faites entendre votre voix et répondez à l'enquête. Rejoignez le MEOPAR (Réseau d'observation, de prévision et d'intervention en matière d'environnement marin ) et le Conseil des académies canadiennes lors de l'un des prochains ateliers virtuels : le mardi 8 juillet à 13 h (heure de l'Est) pour une session consacrée au Nord et à l'Arctique, ou le jeudi 10 juillet à 13 h (heure de l'Est) pour une session générale.
Aidez-nous à relever les défis, à faire tomber les barrières et à renforcer la collaboration afin de donner naissance à une nouvelle vague de recherche océanographique innovante et portée par les communautés au Canada.
Vers un avenir collaboratif : réinventer la recherche océanographique au Canada lors de la conférence H2O
Le Canada, en tant que nation dotée du plus long littoral au monde, s’impose comme un leader incontesté dans le domaine de l’économie bleue. Toutefois, cette position privilégiée s’accompagne également d’une série de défis océaniques uniques auxquels les Canadiens doivent faire face. Du changement climatique à la biodiversité marine, en passant par la perte d’habitat, la sécurité des frontières côtières et les préoccupations liées au commerce international, il est impératif de développer des solutions innovantes pour relever ces défis. La collaboration s’avère essentielle pour garantir l’efficacité de ces solutions, mais elle représente également un défi, car le paysage actuel de la recherche océanique est fragmenté entre divers secteurs et disciplines.
Le Réseau d’observation, de prévision et d’intervention en milieu marin (MEOPAR), en partenariat avec le Conseil des académies canadiennes (CAC), a identifié cet obstacle et s’est associé pour créer un groupe d’experts chargé de coordonner la recherche océanographique. Ce groupe d’experts jouera un rôle crucial dans la conception d’un avenir productif et innovant pour la recherche océanographique au Canada, en favorisant une approche collaborative.
En menant une enquête nationale et en organisant une série d’ateliers visant à identifier les difficultés, les lacunes et les opportunités, tout en suscitant des idées grâce à des discussions ouvertes et à la collecte d’informations, cette initiative ouvrira la voie à une recherche océanographique collaborative qui réunira le monde universitaire, les pouvoirs publics, le secteur privé et le secteur technologique.
Au cours des prochaines semaines, le MEOPAR et le CAC continueront à développer des partenariats de financement pour ce projet. Après avoir analysé les retours du secteur, ils formuleront une question de recherche finale à l'intention du groupe d'experts.
Le dernier atelier de cette série, organisé à travers le Canada, s’est tenu à Halifax dans le cadre de la conférence « Home to Overseas » (H2O) le 11 juin 2025.
Au cours de cet atelier en présentiel, un groupe hétérogène composé de professionnels du secteur océanique, de chercheurs, de représentants des pouvoirs publics et d’étudiants s’est réuni afin d’identifier et d’analyser les défis auxquels ils sont confrontés. Parmi les principaux enjeux soulevés lors des discussions, on peut citer :
- La création de synergies entre les différents secteurs
- L'accès, la normalisation et l'utilisation des données
- L'importance d'une formation axée sur les compétences pratiques
- La nécessité d’un financement durable à long terme
- La réduction des obstacles politiques et administratifs
- Le renforcement de la collaboration entre le monde universitaire et l'industrie
- L'implication significative des communautés dans la recherche
Création de synergies entre les différents secteurs
La première étape vers une collaboration fructueuse consiste à surmonter les obstacles existants. Lors des discussions menées dans le cadre de l'atelier H2O, un consensus fort s'est dégagé sur la nécessité de créer des passerelles entre les disciplines, les secteurs, les institutions et les systèmes de données afin de garantir une approche collaborative de la recherche océanographique.
Un autre défi mis en évidence est le fossé entre la technologie et les sciences océaniques ; il est donc recommandé de se concentrer sur des stratégies visant à rendre la technologie océanique plus accessible aux scientifiques, tout en facilitant l’accès à la recherche océanique pour les entreprises technologiques.
Accès, normalisation et utilisation des données
L’un des principaux défis soulignés par les chercheurs en début de carrière et les fonctionnaires présents à l’atelier H2O est que l’infrastructure actuelle des données océaniques est fragmentée et difficile à utiliser. Des difficultés se posent en matière de partage des données, résumées par les principes CARE (bénéfice collectif, autorité de contrôle, responsabilité et éthique), qui revêtent une importance particulière en ce qui concerne les données appartenant aux communautés et aux peuples autochtones.
Éducation, formation et développement des compétences
Les étudiants présents à l’atelier H2O ont souligné un besoin croissant de compétences relationnelles et d’application pratique, ce qui a conduit à proposer d’associer le monde de l’entreprise à l’élaboration des programmes scolaires. Au-delà des étudiants et des jeunes professionnels, il existe également un besoin accru de soutien à la formation pour développer des compétences transférables en affaires et en communication, afin de combler les lacunes au sein de la communauté de la recherche océanographique.
Financement et durabilité
Les participants ont souligné que de nombreuses possibilités de financement actuelles ne soutiennent que des projets à court terme, ce qui se traduit par une vision limitée et une perte d’avantages à long terme. Cette discussion a donné lieu à un appel en faveur de la mise en place d’un plus grand nombre d’opportunités de financement capables de soutenir des stratégies de recherche à long terme. De plus, ils ont exprimé le souhait d’un financement diversifié allant au-delà de la recherche fondamentale, en apportant un soutien à la création de communautés, à la communication et à la gestion des données.
Obstacles politiques et administratifs
Les participants à l’atelier ont souligné que les procédures d’approbation et le manque de données accessibles constituent des facteurs qui freinent l’innovation et entravent la valorisation des connaissances. Ces défis ont donné lieu à un appel en faveur de procédures contractuelles plus souples et plus transparentes entre le gouvernement et le secteur privé.
Interface entre l'industrie et le monde universitaire
En raison de la diversité des attentes au sein de l’industrie et du milieu universitaire, les collaborations peuvent souvent s’avérer difficiles à mettre en place et à gérer. Une solution proposée par les participants à l’atelier H2O consiste à proposer une formation sur la manière de partager efficacement les ressources, les équipements et le personnel dans le cadre de projets visant à atteindre des objectifs communs.
Pertinence communautaire et décolonisation
Les participants ont évoqué l’importance d’impliquer les communautés dans la recherche, même si cet aspect est souvent considéré comme secondaire. Au cours de l’atelier, il a été souligné que l’engagement communautaire devrait être un élément central de la conception de la recherche dès le début. Les données et la recherche doivent être pertinentes pour les groupes en quête d’équité, y compris les peuples autochtones, afin de créer des ressources qui profitent à l’ensemble de la population.
Ensemble, travaillons à relever les défis, à faire tomber les barrières et à établir des collaborations solides. Ensemble, nous pouvons donner naissance à la prochaine vague de recherche océanographique innovante et centrée sur les communautés, qui fera du Canada un leader dans ce domaine essentiel.
Bien que les défis soulevés par les participants à l’atelier H2O soient cruciaux, ils ne constituent pas les seuls aspects à prendre en compte pour l’avenir de la recherche océanographique au Canada ; il existe également de nombreuses opportunités à saisir. Par exemple, des initiatives de financement telles que le Fonds d’accès à l’informatique en intelligence artificielle, doté de 2 milliards de dollars canadiens, peuvent soutenir la recherche océanographique ainsi que le développement des infrastructures de données. En outre, on observe un intérêt croissant pour les laboratoires d’innovation, les bourses de mentorat et les programmes entrepreneuriaux tels que le Creative Destruction Lab.
Que vous souhaitiez influencer le processus, participer aux prochaines initiatives de mobilisation ou apporter votre soutien en tant que partenaire financier au sein de votre organisation, votre contribution est essentielle. Il existe de nombreuses façons de vous impliquer et de faire entendre votre voix.
Nous vous invitons à nous faire part de vos réflexions en répondant au sondage. De plus, participez à l’un de nos prochains ateliers en ligne : le mardi 8 juillet à 13 h (heure de l’Est) pour une session consacrée au Nord et à l’Arctique, ou le jeudi 10 juillet à 13 h (heure de l’Est) pour une session générale.
Ensemble, travaillons à relever les défis, à faire tomber les barrières et à établir des collaborations solides. Ensemble, nous pouvons donner naissance à la prochaine vague de recherche océanographique innovante et centrée sur les communautés, qui fera du Canada un leader dans ce domaine essentiel.


