Voici le défi auquel sont confrontés la surveillance, la gestion des ressources et la planification de la conservation des habitats d’eau douce : un manque de connaissances de référence sur le fonctionnement des écosystèmes d’eau douce au fil du temps. Sans contexte, il n’y a guère de points de comparaison pour les données de surveillance.
En collaboration avec Parcs Canada, Andrew Madeiros et son équipe ont évalué les données biologiques et environnementales relatives aux systèmes d’eau douce de la réserve de parc national (RPN) de l’île de Sable, afin d’élaborer un programme de suivi pour l’île de Sable s’inscrivant dans une perspective pouvant s’étendre de plusieurs siècles à plusieurs millénaires, grâce à l’intégration de données paléolimnologiques. La paléolimnologie est l’étude des indicateurs préservés dans les sédiments lacustres, ce qui permet aux lacs de servir de « livres d’histoires » du passé ; les informations qu’ils contiennent peuvent être utilisées pour calibrer les projections pour l’avenir.
L’équipe de recherche a directement comblé ces lacunes en développant des méthodologies et des approches de surveillance qui contribueront directement à la planification et au développement de la conservation. Elle a mis au point un dispositif de biosurveillance pour les écosystèmes d’eau douce de l’île de Sable et élaboré un modèle permettant de projeter la durabilité de ces écosystèmes face aux changements environnementaux futurs.
Andrew Medeiros, chef de projet, a recruté des étudiants de l’université Dalhousie pour l’aider à élaborer le programme de surveillance des écosystèmes d’eau douce côtiers de la réserve de parc national de l’île de Sable. Des dons issus d’une campagne de financement participatif ont permis de financer les frais de terrain et de laboratoire liés à la collecte et au traitement des échantillons, ainsi que l’équipement et les consommables utilisés pour cette recherche.
À propos de la réserve de parc national de l'île de Sable
La réserve de parc national de l’île de Sable illustre un écosystème côtier fortement influencé par les changements environnementaux et la variabilité des phénomènes météorologiques extrêmes qui en découle. Les ondes de tempête et l’érosion ont entraîné une modification à grande échelle de l’hydrologie de surface de l’île de Sable, notamment au niveau des sources d’eau douce qui nourrissent les populations de chevaux, d’oiseaux et de nombreuses espèces de plantes et d’invertébrés rares. En fin de compte, la viabilité des systèmes d’eau douce de l’île de Sable reste incertaine, ce qui souligne la nécessité non seulement de comprendre l’évolution de ces systèmes au fil du temps, mais aussi de surveiller leur intégrité écologique.
Parcs Canada a pour mandat non seulement de protéger l’intégrité écologique des écosystèmes relevant de sa compétence, mais aussi d’assurer la surveillance de ces systèmes. Ce projet contribue à ce processus en élaborant une approche et une méthodologie claires pour la surveillance des écosystèmes d’eau douce de l’île de Sable, tout en fournissant le contexte dans lequel ceux-ci peuvent être évalués. L’utilisation des macroinvertébrés benthiques comme indicateurs biologiques pour évaluer la santé des habitats d’eau douce est une approche de biosurveillance couramment utilisée partout au Canada. Les connaissances acquises grâce à la surveillance des indicateurs que sont les macroinvertébrés benthiques peuvent également servir à détecter l’influence des stress environnementaux à petite échelle.
La contribution de Parcs Canada
Parcs Canada a apporté son soutien à ce projet en fournissant les moyens logistiques nécessaires à la bonne conduite des recherches. L'organisme a pris en charge les frais de déplacement des étudiants et des chercheurs se rendant dans la réserve naturelle provinciale de l'île de Sable, et a apporté un soutien continu à la recherche afin d'intégrer ce projet à son programme de surveillance de l'intégrité écologique.
Équipe du projet
Le Dr Andrew Medeiros est un expert en écologie des eaux douces, en processus biogéochimiques et en environnements arctiques. Ses recherches visent à comprendre l’évolution écologique des écosystèmes d’eau douce, tant dans le passé que dans le présent et à l’avenir. En analysant les changements sur des échelles allant de quelques siècles à plusieurs millénaires, il est en mesure de formuler des prévisions et de créer des modèles permettant d’anticiper les réactions face aux changements environnementaux. Motivé par la mise en pratique de la science, le Dr Medeiros a travaillé d’arrache-pied pour tisser des liens et instaurer un climat de confiance avec les communautés autochtones, qui sont en première ligne face aux changements environnementaux dans le Nord. Cela lui a permis d’associer la modélisation quantitative à l’étude des enjeux liés à la quantité et à la qualité de l’eau douce dans le contexte des communautés nordiques. Ces données permettent aux chercheurs de mener des analyses de risques concernant l’approvisionnement en eau des municipalités et d’étudier les sujets de préoccupation des habitants locaux. Ses conclusions ont entraîné un changement fondamental dans la manière dont ces connaissances sont appliquées aux défis liés à la sécurité de l’eau.
Shen Molloy
Candidat au diplôme M.R.E.M. 2019-2021
« Je m’intéresse aux conséquences du changement climatique sur les communautés côtières et aux mesures d’adaptation naturelles qui peuvent être mises en œuvre pour atténuer ces difficultés. » – Shen Molloy
Shen est originaire de Kingston, en Ontario. Elle termine actuellement sa licence en biologie et sciences de l’environnement à l’université Mount Allison. À la rentrée, elle entamera un nouveau chapitre de sa vie à Dalhousie, où elle étudiera la durabilité des écosystèmes d’eau douce sur l’île de Sable à l’aide d’indicateurs paléolimnologiques. Passionnée par l’environnement, Shen se réjouit de cette opportunité d’apprendre à quantifier la durabilité future à partir d’indicateurs du passé. En examinant les restes subfossiles de populations d’insectes présents dans des carottes sédimentaires prélevées dans les étangs de l’île de Sable, Shen explorera une véritable mine d’informations qui permettra d’affiner la surveillance actuelle et de planifier les futures mesures de conservation.
Victoria Watson
Candidate au M.E.S. 2019-2021
« Je me suis toujours intéressée à la manière dont le changement climatique transforme les environnements et à ce que cela implique pour l'avenir. » – Victoria Watson
Victoria est originaire de Guelph, en Ontario. Elle a obtenu une licence ès sciences avec mention en sciences de l’environnement à l’université de Guelph, où elle s’est intéressée à l’impact de la matière organique sur la biodisponibilité des pesticides dans l’eau et a analysé la gestion des pêches et l’octroi des licences sur la côte ouest du Canada. À partir de septembre 2019, Victoria étudiera la vulnérabilité des écosystèmes d’eau douce de l’île de Sable. L’intérêt de Victoria pour l’écologie s’est développé dès son plus jeune âge, avec un intérêt marqué pour la protection de la faune sauvage. La possibilité d’étudier les écosystèmes de l’île de Sable est une chance unique non seulement de développer ses compétences en écologie quantitative, mais aussi de donner un sens à son travail, tant pour la surveillance continue des écosystèmes d’eau douce de l’île de Sable que pour toutes les espèces endémiques qui en dépendent.