Et si les sciences de la mer partaient des personnes qui vivent au bord de l'océan ?
Grâce aux connaissances de la communauté, au leadership des jeunes et à un financement pouvant atteindre 150 000 dollars par an, le Canada commence à développer les sciences de la mer en s'appuyant sur la confiance — et pas seulement sur la technologie.
Introduction au CLR
Au Canada, le paysage du financement s'est longtemps concentré sur le soutien à la recherche au sein des établissements d'enseignement supérieur. Pourtant, la recherche communautaire joue un rôle tout aussi essentiel dans la compréhension de nos eaux, de nos écosystèmes et des impacts du changement climatique et d’autres défis environnementaux sur les communautés locales.
Le Réseau pour l’environnement marin, la prévision et l’intervention (MEOPAR) contribue à redéfinir la manière dont la recherche est soutenue au Canada, en supprimant les obstacles et en élargissant les possibilités afin de placer les communautés au cœur de la découverte. Grâce à son Fonds de recherche menée par les communautés (CLR), le MEOPAR ouvre la voie à des perspectives diverses et à des approches non conventionnelles qui allient les connaissances locales à la recherche scientifique.
Maéva Gauthier, chef de projet au MEOPAR en charge du Fonds CLR, a pu constater par elle-même à quel point cette approche peut être transformatrice :
« Je travaille depuis quelques années avec des communautés du nord, dans l’Arctique occidental, et j’ai pu constater à quel point celles-ci peuvent tirer profit de la conduite de leurs propres recherches, et à quel point cela peut réellement favoriser le leadership des jeunes et leur offrir de nouvelles opportunités. C’est pourquoi cette cause me tient tant à cœur : il est essentiel que les communautés participent à la recherche afin d’avoir leur mot à dire dans l’élaboration des politiques et les décisions majeures en matière de conservation des océans. »
Cette approche repose sur des bases solides. Le Fonds d’amorçage de MEOPAR, qui vient de prendre fin, a donné aux communautés le temps et la flexibilité nécessaires pour nouer des relations, concevoir des projets en collaboration et imaginer des recherches reflétant véritablement leurs priorités communes.
« C’est une étape importante, qui n’est pas toujours financée », a expliqué Maéva. « Il est rare de disposer d’un fonds qui aide à tisser des liens. Ce n’est pas vraiment un résultat concret auquel certains bailleurs de fonds croient. Je suis donc fière que MEOPAR prenne réellement les devants dans ce domaine. »
Aujourd’hui, le MEOPAR va encore plus loin dans cette approche avec le Fonds de recherche dirigée par les communautés (CLR) 2026-2028, qui soutient des partenariats bien établis ayant déjà instauré un climat de confiance et co-conçu des initiatives de recherche. Cette nouvelle phase permet aux communautés de mener des recherches océanographiques durables sur plusieurs années, générant ainsi des connaissances pertinentes au niveau local, renforçant la résilience et consolidant les pôles côtiers du Canada afin de soutenir l’innovation et l’adaptation.
« Je pense qu'il est grand temps que, en tant qu'organismes de financement, nous aidions les membres de la communauté à mener leurs propres recherches »,
Ce qui le rend unique
La recherche océanographique menée par les communautés reste encore bien trop rare, alors même que les communautés autochtones et autres communautés côtières observent, étudient et prennent soin de l’océan depuis des générations — et détiennent ainsi des connaissances essentielles à la compréhension des changements actuels.
« Je pense qu’il est grand temps que, en tant qu’organismes de financement, nous aidions les membres des communautés à mener leurs propres recherches », a déclaré Maéva. « En soutenant les partenariats entre les communautés et les chercheurs, on favorise un échange de savoirs entre la science occidentale et l’expérience vécue, ce qui renforce la science. »
Les candidats retenus pourront ainsi jeter des bases plus solides pour la recherche au sein de leur communauté, tisser des liens significatifs grâce à un réseau national de pairs et établir des bonnes pratiques pour de futures initiatives.
Instaurer la confiance n’est qu’une première étape ; une résilience durable naît de partenariats qui ne cessent de se développer. C’est pourquoi le MEOPAR a lancé le Fonds de recherche menée par les communautés 2026–2028, conçu pour aider les communautés et les chercheurs à franchir ensemble la prochaine étape. Avec un soutien pouvant atteindre 150 000 dollars par an pendant 2,5 ans (jusqu’à un maximum de 300 000 dollars), ce fonds permet aux partenariats déjà établis de mener des recherches menées par les communautés qui font progresser les priorités communes et ont un impact à long terme.
Comment postuler
Compte tenu de ces considérations, Maéva tient à ce que le processus de candidature soit accessible à tous :
« Parfois, les organismes de financement peuvent donner l’impression d’être des structures assez coloniales, avec des exigences administratives très spécifiques. J’aimerais que les candidats se sentent libres de nous contacter et sachent que nous pouvons les accompagner dans cette démarche. Nous nous efforçons de réduire les obstacles à la candidature, ce qui implique de faire preuve de souplesse et de trouver des moyens de les accompagner dans leurs démarches, car ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver pour ceux qui n’ont jamais vécu cette expérience auparavant. »
Pour en savoir plus sur le Fonds de recherche mené par la communauté, consultez le site web de MEOPAR ou contactez Maéva pour obtenir de l’aide à l’adresse suivante :
maeva.gauthier@meopar.ca