L'avenir connecté de la recherche océanographique
Le succès des sciences océaniques modernes dépend de plus en plus de la solidité de ses liens.
Auteur : Eduardo Camara
Crédit photo / CAMPACLes défis actuels, tels que l’impact croissant des déchets plastiques marins, poussent les chercheurs, l’industrie et les communautés à dépasser le cadre des projets isolés pour s’orienter vers une collaboration plus coordonnée et à long terme. De plus en plus, les progrès dépendent non seulement de l’innovation, mais aussi de l’efficacité avec laquelle les personnes et les organisations travaillent ensemble.
Partout au Canada, les communautés de pratique (CoP) contribuent à rendre cette transition possible. Ces réseaux rassemblent l’expertise des communautés et organisations autochtones, du monde universitaire, de l’industrie, des pouvoirs publics et des associations à but non lucratif, créant ainsi des espaces structurés propices à l’apprentissage partagé, à la coordination des ressources et à l’action collective. Au lieu de repartir de zéro à chaque nouvelle initiative, les experts océanographiques assurent une continuité grâce à une collaboration permanente.
Avec le soutien du MEOPAR, ces CoP renforcent leur capacité à collaborer au-delà des frontières régionales et disciplinaires, tout en conservant leur propre leadership et leur orientation. Pour comprendre comment ce modèle prend forme, nous nous sommes entretenus avec le responsable de la CoP du Réseau canadien de recherche et d’éducation en cartographie océanographique (COMREN) et le coordinateur de la CoP du Réseau canadien d’action et de collaboration sur les plastiques marins (CAMPAC).
COMREN : De la fondation à la plateforme nationale
Alors que certains Financé par le MEOPAR Les communautés de pratique n'en sont qu'à leurs débuts, le Réseau canadien de recherche et d'enseignement en cartographie océanographique (COMREN) est un véritable modèle de longévité et d’évolution. Bien qu’il fonctionne depuis 2021 en tant que communauté de pratique (CoP) soutenue par MEOPAR, les racines de ce groupe remontent bien plus loin. «Je viens de réaliser que COMREN, en tant que groupe de personnes qui savaient que nous voulions travailler ensemble pour mener à bien un projet au Canada, existe désormais depuis 10 ans», a déclaré le Dr Ian Church, maître de conférences au département de géodésie et de génie géomatique de l'Université du Nouveau-Brunswick et responsable du projet COMREN.
Pendant des années, le groupe a fonctionné de manière informelle, animé par la conviction qu’il pouvait accomplir davantage ensemble qu’en tant que chercheurs individuels, mais il ne disposait pas d’un mécanisme permettant de soutenir la collaboration interinstitutionnelle entre universités, établissements d’enseignement supérieur, associations à but non lucratif et organismes publics. Le modèle de communauté de pratique (CoP) a apporté cette structure qui faisait défaut, permettant ainsi au COMREN de passer d’un simple regroupement informel de pairs à une communauté reconnue à l’échelle internationale.
La dernière fois que nous avons discuté avec le Dr Ian Church, il y a presque il y a un an, COMREN jetait les bases de la cartographie marine au Canada. Depuis lors, cette communauté s’est transformée en un écosystème dynamique axé sur l’apprentissage collaboratif et la coordination des ressources de haute technologie. Cet engagement envers la prochaine génération trouve son illustration dans des initiatives communautaires telles que le [Défi de cartographie des élèves 2026], et financer les déplacements des étudiants pour se rendre aux grandes conférences, en veillant à ce que «les personnes qui souhaitent recruter et celles qui souhaitent être recrutées se retrouvent toutes au même moment lors du même événement», a souligné Church. Afin de soutenir ces activités de recherche et de formation, le COMREN s’attache parallèlement à réduire les obstacles grâce à un modèle de « partage des ressources » visant à coordonner une base de données pour le partage des équipements coûteux. Ces pistes durables ont ouvert la voie à de nouvelles Financé par le MEOPAR Les communautés de pratique telles que le CAMPAC souhaitent transformer leurs initiatives régionales en mouvements nationaux.
« Je viens de réaliser que COMREN, ce groupe de personnes qui savaient que nous voulions travailler ensemble pour mener à bien un projet au Canada, existe désormais depuis 10 ans, »
Le Dr Ian Church, maître de conférences au département de géodésie et de génie géomatique de l'Université du Nouveau-Brunswick, et responsable du projet COMREN
CAMPAC : Renforcer l'action grâce à la collaboration côtière
Si le COMREN offre un modèle de pérennité, la nouvelle Action et collaboration canadiennes contre les déchets plastiques marins (CAMPAC) Le CoP incarne la capacité à transposer les réussites régionales à l'échelle nationale. Coordonné par Kelly Mackarous, responsable du programme marin côtier chez Coastal Action, le CAMPAC a été créé pour combler une lacune majeure dans le domaine de la recherche sur les plastiques marins : la nécessité d'une approche unifiée permettant de relier les données locales aux politiques nationales.
Cette communauté s'est développée à partir des fondations du Groupe de travail sur les microplastiques du Canada atlantique, créé en 2019. Sa transformation en communauté de pratique nationale permet au groupe de combler des lacunes qui existaient auparavant, notamment en mettant en relation les chercheurs qui étudient les microplastiques dans l'Arctique avec des associations locales des zones côtières et des partenaires industriels à travers le pays. L'objectif de cette communauté de pratique est de « renforcer la collaboration nationale par le partage des connaissances et coordonner l'action entre les chercheurs, les professionnels, les partenaires du secteur privé, les décideurs politiques et les communautés,« Kelly » Mackarous a expliqué.
Alors que la fin du cycle de financement triennal actuel approche, Kelly Mackarous a défini la « grande réussite » ultime du réseau comme le passage de la recherche à une influence à l'échelle nationale. Concernant cet objectif à long terme, elle a déclaré :
«D’ici trois ans, [CAMPAC souhaite] être davantage reconnu à l’échelle nationale comme un acteur influent dans l’élaboration des politiques et la mise en œuvre de changements potentiels. L’objectif ultime serait que la communauté de pratique elle-même devienne un formidable pôle de connaissances et de ressources pouvant être mises à profit dans l’élaboration future des politiques ou dans la mise en œuvre d’actions concrètes.« .
La force du réseau : pourquoi nous rejoindre ?
Pour de nombreux professionnels et bénévoles du secteur océanographique, l’idée de rejoindre « un autre réseau » peut sembler alourdir un emploi du temps déjà bien rempli. Cependant, le Dr Ian Church et Kelly Mackarous ont tous deux souligné que le retour sur investissement était immédiat, ce qui permettait d’accroître considérablement la portée et l’efficacité des participants.
En offrant une plateforme de collaboration, les communautés de pratique (CoP) garantissent qu’aucun participant n’ait à faire face seul à des contraintes techniques ou systémiques. Le modèle des CoP fournit des infrastructures essentielles, telles qu’une communication régulière, des coordinateurs dédiés et des protocoles de partage des données, qui permettent à la science d’avancer plus vite et d’aller plus loin. Il transforme l’expertise individuelle en un puissant moteur collectif de découverte. En fin de compte, cette collaboration systémique permet aux experts de l’océan de progresser bien plus loin qu’ils ne pourraient le faire seuls. Comme l’a fait remarquer Kelly Mackarous : «tant que vous ne travaillez pas ensemble, vous ne progressez pas autant que vous le pourriez».
Perspectives d'avenir
Alors que MEOPAR apporte son soutien à cette nouvelle promotion de 13 communautés de pratique, l'objectif est clair : favoriser un écosystème collaboratif aussi interconnecté que les océans eux-mêmes. Qu'il s'agisse de cartographier les fonds marins ou de retirer les déchets plastiques de nos eaux, les communautés de pratique (CoP) démontrent que nous sommes plus efficaces et avons un impact plus important lorsque nous travaillons ensemble.
MEOPAR invite les chercheurs et les membres de la communauté, toutes disciplines confondues, à s'impliquer dans les communautés de pratique existantes. Découvrez comment le partage des ressources et la science collaborative peuvent renforcer votre impact. Pour en savoir plus sur les communautés de pratique financées par MEOPAR entre 2025 et 2028, rendez-vous sur notre site web.
Pour en savoir plus sur COMREN, rendez-vous sur oceanmapping.ca. Pour vous impliquer auprès de CAMPAC, contactez-les à l'adresse campac@coastalaction.org ou rendez-vous sur leur page web.