Bourses postdoctorales : 2e promotion

Renforcement des capacités pour mener des discussions délicates sur la gestion des risques liés aux planchers dans les communautés côtières canadiennes Eva Angelyna Bogdan, Université de Waterloo
Les inondations constituent un problème complexe impliquant diverses parties prenantes aux intérêts divergents et nécessitant des innovations sociales. La gestion des risques d’inondation (GRI) est un sujet controversé, car elle touche à des valeurs fondamentales telles que la sécurité, les droits de propriété et la sécurité économique. Les conflits liés aux solutions proposées submergent souvent les décideurs, bloquent les politiques et favorisent les approches descendantes au détriment de la légitimité — participation, équité, responsabilité et transparence —, qui est essentielle à une bonne gouvernance. Le projet du Dr Bogdon vise à mettre au point un processus innovant, le « protocole des conversations difficiles » (Tough Conversations Protocol), afin de faciliter la transition vers une approche plus intégrée de la GIR au Canada, ce qui renforcera, en retour, la légitimité des politiques en la matière. Pour en savoir plus sur ces travaux, cliquez ici.
Caractérisation des risques liés aux ondes de tempête dans le Canada atlantique et l'est des États-Unis à l'intention des assureurs et des acteurs du secteur côtier Dr David Carozza, Université du Québec à Montréal
La hausse du niveau de la mer due au réchauffement climatique d’origine humaine a placé les inondations côtières au cœur de la planification et de l’élaboration des politiques des collectivités côtières. Outre l’élévation du niveau de la mer, les cyclones tropicaux et extratropicaux provoquent des ondes de tempête qui déversent d’énormes quantités d’eau de mer sur les côtes et causent des dommages très variés aux personnes, aux biens et aux écosystèmes. Ces ondes de tempête constituent une source importante de risque d’inondation dans les régions côtières du Canada atlantique. Ce projet propose de développer un modèle de marée de tempête induite par des tempêtes cycloniques, basé sur un modèle de risque lié aux cyclones tropicaux que nous utilisons actuellement, et d’utiliser ce modèle pour établir un catalogue des marées de tempête survenues sur les côtes est du Canada et des États-Unis.
Développement d'outils à référence spatiale pour minimiser les coûts et maximiser les avantages de la lutte contre les espèces marines envahissantes Alexandra Davis, Université de l’Alberta
En s'appuyant sur les données existantes relatives aux opérations de retrait et aux caractéristiques des sites, et en collaborant avec les responsables de la gestion pour recueillir davantage de données, ce projet permettra de créer des modèles visant à déterminer le coût du retrait du crabe vert européen (Carcinus maenas) sur la côte ouest du Canada et dans la mer des Salish. Le Dr Davis et son équipe élaboreront également des modèles permettant de prédire la probabilité de retrait des sites, les fortes densités de crabes verts, ainsi que le risque de recolonisation des sites une fois les retraits effectués. En intégrant les résultats de ces modèles aux objectifs de gestion (à savoir la préservation des herbiers de zostère marine pour les saumons juvéniles), nous pourrons créer un outil de gestion de la conservation conçu pour hiérarchiser les sites prioritaires en vue d’un contrôle ciblé des populations. Des outils tels que ceux-ci (Zonation, Prioritzr) permettent aux gestionnaires de saisir des informations spécifiques à leur organisation ou à leur juridiction et d’élaborer des plans de conservation efficaces qui entraînent le moins d’impact socio-économique possible. Pour en savoir plus sur le Dr Davis, cliquez ici.
Étude de la reconstitution à long terme de l'évolution du niveau de la mer, du littoral et des établissements humains sur la côte nord de la Colombie-Britannique Bryn Letham, Université Simon Fraser
Les sociétés côtières occupent des paysages dynamiques et font partie d’écosystèmes vulnérables au changement climatique. Le changement climatique actuel a un effet aggravant sur nos côtes, qui se traduit par une hausse des températures de surface de l’océan, une élévation du niveau de la mer et une multiplication des tempêtes. Cependant, de nombreuses sociétés autochtones ont prospéré de manière durable et résiliente dans des environnements côtiers pendant des millénaires. Sur la côte nord-ouest de l’Amérique du Nord, des vestiges archéologiques témoignent d’une occupation remarquablement stable et persistante de certains sites, même lorsque ceux-ci se sont transformés sous l’effet des variations du niveau de la mer (et, par conséquent, de l’évolution des écosystèmes locaux) (Cannon 2002, 2003 ; Letham et al. 2017 ; McLaren et al. 2015 ; Moss 2011). Bien que nous soyons aujourd’hui confrontés à un changement climatique qui s’accélère, il est important de comprendre l’histoire à long terme des changements côtiers et les mécanismes de résilience des communautés du passé afin d’établir des références permettant d’étudier les changements contemporains et d’évaluer les défis futurs (Kirch 2005 ; Van der Noort 2013). Cette recherche se concentre sur les interactions entre l’homme et l’environnement à très long terme sur la côte nord-ouest : quelle est l’histoire à long terme de l’évolution du niveau de la mer de référence (RSL) et du littoral depuis la fin de la dernière période glaciaire, et comment et pourquoi certaines sociétés font-elles preuve de résilience face aux changements côtiers ? En partenariat avec les travaux de recherche de Ban et al., financés par le programme MEOPAR et menés en collaboration avec la Première Nation Gitga’at, Letham utilise des méthodes géologiques et archéologiques pour reconstituer l’histoire des variations du niveau de la mer depuis la déglaciation jusqu’à nos jours, et étudie plusieurs grands sites de villages anciens où l’occupation s’est poursuivie malgré des variations du niveau de la mer pouvant atteindre 5 à 10 mètres à la verticale.
Suivi des déplacements des poissons côtiers dans l'Arctique canadien occidental pour répondre aux préoccupations des communautés et comprendre la capacité d'adaptation aux changements de l'écosystème Harri Pettitt-Wade, Université de Windsor
Les changements induits par le climat dans les écosystèmes arctiques comprennent l’expansion continue vers le nord de l’aire de répartition de la faune subarctique et le rétrécissement de celle de la faune arctique typique. Ces fluctuations ont un impact rapide sur les réseaux trophiques et les communautés à travers l’Arctique, avec des conséquences encore inconnues pour la pêche de subsistance et l’intégrité écologique des réseaux trophiques arctiques. Les analyses de la niche écologique et de la réponse adaptative de la faune marine au climat manquent souvent de données sur les comportements migratoires. En particulier, on manque de connaissances sur les facteurs fondamentaux et les mécanismes régulateurs des déplacements des poissons côtiers et de la connectivité des habitats entre les écosystèmes côtiers de l’Arctique. Les Inuvialuits, les Inuits, les chercheurs et les décideurs politiques ont identifié la nécessité de mieux comprendre les déplacements des principales espèces de poissons marins, importantes tant pour la pêche de subsistance que sur le plan écologique, dans le contexte d’un environnement en mutation. Ce projet se concentre sur l’omble chevalier et la morue du Groenland, identifiés comme des espèces prioritaires par la communauté d’Ulukhaktok, et vise à développer un ensemble de données à plusieurs niveaux, élaboré en collaboration, qui servira à terme à prédire la répartition et le comportement des poissons selon différents scénarios climatiques et à faciliter la réponse adaptative et durable des communautés face aux changements des écosystèmes.
Points de vue des communautés sur les répercussions de l'intensification du trafic maritime et du changement climatique le long du passage du Nord-Ouest dans l'Arctique canadien Nicolien van Luijk, Université d'Ottawa
L'augmentation rapide du trafic maritime, favorisée par le changement climatique, fait peser des menaces importantes sur la région arctique. Face à cette intensification de l'activité maritime, le gouvernement canadien a proposé la création de « couloirs maritimes à faible impact » dans le cadre d'une stratégie d'adaptation visant à renforcer la résilience côtière, afin de minimiser les impacts négatifs et d'améliorer la sécurité du trafic maritime dans l'Arctique. Bien qu'une grande quantité de données ait été utilisée pour définir ces couloirs, les savoirs traditionnels des communautés arctiques n'ont pas encore été pris en compte de manière approfondie. Ainsi, les corridors, tels qu’ils sont actuellement hiérarchisés, ne tiennent pas suffisamment compte des points de vue locaux fondamentaux des personnes qui connaissent le mieux la région. Mon projet de recherche dans le cadre de la bourse MEOPAR s’appuie sur le projet « Arctic Corridors Northern Voices » (dirigé par le Dr Jackie Dawson) et s’attache plus particulièrement à l’étude des impacts du changement climatique et du transport maritime sur les communautés situées le long du passage du Nord-Ouest (PNO). En raison de leur emplacement le long du PNO, les communautés de cette région devraient connaître à l’avenir l’un des taux de croissance les plus élevés en matière de transport maritime.
Élaboration de la stratégie canadienne de sensibilisation aux océans Lilia Yumagulova, Université Simon Fraser
Au Canada comme à l’échelle internationale, on observe un intérêt croissant pour la « culture de la mer » (CM), que l’on peut définir comme le degré de compréhension de notre impact sur l’océan et de l’impact de l’océan sur nous. La CM constitue également un objectif stratégique de la Décennie des Nations unies pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030). Pour les communautés côtières, les peuples autochtones et les petits pêcheurs, ce lien avec l’océan est indissociable des moyens de subsistance, de la sécurité alimentaire, de la continuité culturelle et du bien-être. Pourtant, l’océan joue un rôle essentiel dans le bien-être général de tous les Canadiens, même ceux qui vivent loin de nos côtes. L’intérêt principal de cette recherche réside dans l’élaboration conjointe d’une stratégie nationale en matière de culture de la mer, fondée sur des conclusions et des recommandations régionales. En tant que coordinatrice pour la région du Pacifique, la Dre Yumagulova a mené une analyse ciblée de documents, une cartographie des atouts, une analyse des données et une synthèse des conclusions régionales afin d’éclairer directement la rédaction de la stratégie nationale. Grâce à ses vastes réseaux et à ses relations avec les communautés autochtones d’un océan à l’autre, elle a également élaboré une approche respectueuse visant à intégrer les modes de connaissance et de relation autochtones avec l’océan dans le cadre de la stratégie nationale. Cela revêt une grande importance, car au Canada, la « culture de la mer » dans l’enseignement formel a été dominée par les approches scientifiques occidentales.

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