Le Dr Ian Church et le Dr Kevin Wilcox : façonner l'avenir de la cartographie des fonds marins dans les eaux polaires

Le Dr Ian Church et le Dr Kevin Wilcox :

Façonner l'avenir de la cartographie des fonds marins dans les eaux polaires

Le Dr Kevin Wilcox devant le cap Horn, à bord du Margaret Brooke, lors de l'expédition canadienne de recherche en Antarctique, mars 2025 / Photo : Kevin Wilcox
par Jamie Contos: Lors d’une expédition sans précédent menée par un navire de la Marine canadienne dans les eaux antarctiques, un projet de recherche collaboratif à l’échelle nationale a permis d’approfondir les connaissances scientifiques du Canada sur les eaux polaires et le climat. La cartographie des fonds marins présente des défis particuliers, ce qui explique que seuls 25 % des océans du monde aient été cartographiés à ce jour. Malgré les difficultés qu’elle comporte, la cartographie océanique est un domaine de recherche essentiel qui fournit des informations cruciales à divers professionnels du milieu marin, des géologues aux océanographes en passant par les navigateurs. Au sein de l’Université du Nouveau-Brunswick, le chercheur principal, le Dr Ian Church, et le chercheur scientifique, le Dr Kevin Wilcox, tous deux membres de l’Ocean Mapping Group, se consacrent à l’amélioration des méthodes de collecte et de traitement des données relatives aux fonds marins. Au cours de l’expédition canadienne de recherche en Antarctique de 2025, à bord du HMCS Margaret Brooke, l’Ocean Mapping Group a pu collecter des données indispensables dans une région isolée. Au sein de la délégation universitaire canadienne de scientifiques, le Dr Wilcox a pu effectuer des levés et recueillir des données à plusieurs endroits, notamment dans la caldeira de l’île Deception à Port Foster et à l’extrémité sud-ouest de la péninsule Keller, dans la baie d’Admiralty. Au cours de ses 35 dernières années d’activité, la majorité des données du Groupe de cartographie océanique ont été recueillies dans l’Arctique canadien, faisant de cette expédition en Antarctique une occasion idéale d’acquérir de nouvelles connaissances en utilisant à la fois des méthodologies et des outils éprouvés, ainsi que des approches plus récentes. « Nous avions hâte d’approfondir nos connaissances grâce à cette occasion de tester en Antarctique les méthodes que nous avons utilisées dans l’Arctique, mais nous avons également dû imaginer de nouvelles solutions en raison des spécificités de cet environnement », a expliqué le Dr Church.

« Nous avons notamment pu recueillir de nouvelles données cartographiques sur les fonds marins dans des zones qui n'avaient jamais été cartographiées auparavant. »

La lumière ne traverse pas bien l’eau, en particulier dans les zones troubles ou profondes, ce qui signifie qu’il n’est pas possible de voir les fonds marins à l’aide de satellites, de caméras ou d’autres systèmes basés sur la lumière. Le sonar est indispensable pour cartographier les fonds marins. Au cours des six dernières années, l’Ocean Mapping Group a commencé à utiliser des navires de surface sans équipage pour collecter des données sonar, mais ceux-ci n’avaient encore jamais été utilisés dans l’Arctique canadien. Cette expédition a été l’occasion d’utiliser des navires autonomes pour collecter des données utiles à la cartographie des fonds marins à bord d’un navire de passage. Au cours de l’expédition, le Dr Wilcox a pu piloter un véhicule de surface sans équipage équipé d’un sonar multifaisceaux afin de créer des modèles 3D des fonds marins. Pour ce faire, une impulsion sonore est émise dans l’eau ; celle-ci frappe ensuite le fond marin avant d’être renvoyée vers la surface, ce qui permet de mesurer le temps de retour des impulsions dans des centaines de directions. Ces efforts ne servent pas seulement à faire progresser les techniques de collecte de données, mais contribuent également à une démarche plus large visant à mieux comprendre les structures géologiques sous-marines, telles que les littoraux submergés et les fronts glaciaires marins, qui, une fois rendues accessibles, peuvent éclairer de nombreux axes de recherche océanographique. « Notre priorité absolue est de veiller à ce que les données que nous collectons soient aussi utiles et fiables que possible pour toute personne souhaitant les utiliser afin de répondre à d’autres questions concernant l’environnement océanique », a conclu le Dr Church.

« Une opportunité comme celle-ci ne se présente pas souvent, et elle a profité à de nombreuses personnes et à la science en général ; elle a également ouvert de nouvelles perspectives pour faire progresser la recherche canadienne sur la scène internationale. »

Pour en savoir plus sur la délégation universitaire canadienne ainsi que sur les travaux de recherche importants issus de l'expédition en Antarctique, suivez MEOPAR : Réseau d'observation, de prévision et d'intervention en matière d'environnement marin sur LinkedIn.

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