Cette « serviette » a été créée à partir de centaines d’élastiques de pêche au homard mis au rebut, récupérés sur les côtes de la Nouvelle-Écosse. Dans le Canada atlantique, nous sommes souvent très attachés à l’image du homard, mais cette œuvre d’art attire l’attention sur la nécessité de porter un regard critique sur cette industrie, notamment en ce qui concerne ses impacts environnementaux. Des solutions existent, mais un dialogue continu doit s’instaurer entre le secteur de la pêche, les designers et les ingénieurs afin de faire évoluer les choses. La représentation visuelle du nombre de liens à homard pourrait constituer une première étape pour mettre en évidence l’impact réel de ces liens. Il existe un fort potentiel pour la conception de nouveaux modèles de liens, pour des initiatives de nettoyage des côtes et pour des recherches plus approfondies susceptibles de résoudre ce problème persistant de pollution marine.
À propos de l'artiste
Ayant grandi dans les provinces maritimes, Carley est souvent attirée par le caractère industriel des objets maritimes ainsi que par les racines traditionnelles dont ils sont issus. Des casiers à homards en fil de fer jaune vif aux filets fabriqués à la main, en passant par les usines aux motifs magnifiquement complexes et le gréement des grands voiliers et des bateaux de pêche. Depuis peu, des déchets plastiques et des débris de pêche trouvés dans la nature font leur apparition dans le travail de Carley afin de mettre en avant les notions de production de masse et d’industrialisation. Elle puise son inspiration dans ce qui est historiquement considéré comme un « travail de femme » : le matelassage, le tissage, le crochet et la réparation, mais elle les met en contraste avec l’utilisation de matériaux industriels, souvent non conventionnels. L’accent mis sur la recherche historique en matière d’artisanat et une compréhension approfondie des compétences techniques sous-tendent la pratique de Carley en tant qu’artiste textile queer. En utilisant des matériaux de production industrielle, des couleurs vives issues de l’univers industriel et des combinaisons non conventionnelles de procédés historiques et modernes, elle vise à élargir notre connaissance des procédés textiles traditionnels, sur métier à tisser ou hors métier, ainsi qu’à attirer l’attention sur l’histoire des matériaux utilisés.