Jane Affleck

Jane Affleck

Fiona Photo-Graphs

La série de trois « Fiona Photo-graphs » se compose de bandes de tirages photographiques numériques présentées sous forme de graphiques ; le papier sur lequel les photos sont montées a été enduit d’une peinture à l’aquarelle fabriquée à la main par l’artiste à partir d’argile d’hématite d’origine locale. Les « photo-graphes » sont accompagnés de divers descripteurs : des informations de base sur le contenu matériel de la photo figurent sur l’axe des y, une échelle de gravité est représentée sur l’axe des x (avec des néologismes faisant allusion au contenu en termes subjectifs), et une légende qui commence par des informations objectives avant d’évoluer vers des descriptions plus subjectives de l’environnement observé ou vécu. Les photos documentent certains des dégâts causés par l’ouragan Fiona à l’automne 2022 dans la zone intertidale de l’Île-du-Prince-Édouard/Epekwitk, qui fait partie de la région plus vaste du Mi’kma’ki, terres mi’kmaq non cédées. La juxtaposition de descriptions objectives et subjectives vise à démontrer l’impossibilité de séparer le soi de l’environnement, ainsi que l’impossibilité de rester pleinement objectif (c’est-à-dire que les scientifiques ont une réaction subjective face à des données objectives). De plus, les descriptions subjectives tentent de rendre compte de la difficulté à faire face aux sentiments de « solastalgie », un terme inventé par le philosophe Glenn Albrecht pour désigner un sentiment de chagrin et de perte provoqué par les changements environnementaux. Ces descriptions peuvent peut-être aider les spectateurs qui ne vivent pas dans des régions côtières à mieux comprendre les impacts du changement climatique dans ces zones ; cependant, la combinaison d’informations objectives et subjectives pourrait s’avérer plus efficace que chacune d’elles prise isolément pour inciter les spectateurs à éprouver de l’empathie face à ce sentiment de perte et à réfléchir à la manière d’agir face au changement climatique. Titres : Fiona Photo 1 : Herbe, canard, rouille. Fiona Photo 2 : Schiste, varech, boue. Fiona, photo n° 3 : Littoral, sable, piquet.

À propos de l'artiste

Jane Affleck (elle/iel) est une écrivaine et artiste colonisatrice vivant sur l’Île-du-Prince-Édouard/Epekwitk, sur le territoire mi’kmaq non cédé. Depuis l’obtention de son doctorat en études culturelles en 2018, Jane a créé plusieurs séries d’œuvres d’art visuel qui impliquent une interaction multisensorielle incarnée avec/dans la zone intertidale ; elle a également écrit sur ce processus, notamment un essai pour la revue Féminismes sauvages. En 2020, Jane a collaboré avec la Coalition canadienne pour la culture maritime (COLC) en tant qu’artiste représentative de la région de l’Atlantique dans le cadre de leur étude intitulée « Comprendre la culture maritime au Canada ». Les résultats de cette étude sont disponibles sur le site web de la COLC ainsi que dans un numéro de la revue consacré à la culture maritime, intitulé Revue canadienne d'éducation à l'environnement (vol. 24(1), 2021). Les textes de Jane, parmi lesquels figurent des critiques d’art et de livres, des essais personnels et des poèmes, ont été publiés dans divers magazines et revues à travers Turtle Island/l’Amérique du Nord.

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