Une expédition scientifique collaborative, la première du genre, part pour l'Antarctique
Auteur : Jamie ContosC'estune journée froide dans le port d'Halifax. La pluie se mêle à une légère neige, rendant le climat naturellement humide de la côte Est encore plus moite. Ce 10 janvier ne semble être qu'une journée d'hiver comme les autres sur les quais. Dans le port, un navire de la Marine royale canadienne se prépare à prendre la mer et, pour les passants locaux, cela n'a rien d'exceptionnel ; pourtant, le départ du HMCS Margaret Brooke est loin d'être une simple formalité.
Le navire entame un voyage inaugural vers l'Antarctique – une première en son genre. En transportant du matériel de recherche de pointe et des experts scientifiques venus de tout le pays, le Margaret Brookepermettra de mener des recherches océanographiques canadiennes en Antarctique, ce qui n'a jamais été réalisé auparavant par un navire de la Marine royale canadienne.
La recherche scientifique en Antarctique est essentielle pour comprendre le changement climatique, mais mener à bien ces travaux nécessite du matériel et un savoir-faire difficiles à trouver. Une coordination et une collaboration étroites sont indispensables pour réaliser un tel exploit, et c'est précisément ce que vise à faciliter le Réseau d'observation, de prévision et d'intervention en matière d'environnement marin (MEOPAR).
« C'est un honneur pour nous de pouvoir soutenir une collaboration stratégique de cette envergure. »
– Jamie Snook, directeur général de MEOPAR.Collaboration collective
Une initiative comme celle-ci mobilise de nombreux acteurs, et l’ampleur de la collaboration observée ici est exemplaire, depuis la collaboration entre plusieurs organismes gouvernementaux – la Marine royale canadienne | Royal Canadian Navy (RCN), Ressources naturelles Canada (RNCan), Pêches et Océans Canada (MPO) , Connaissances polaires Canada et Environnement et Changement climatique Canada(ECCC) – jusqu’à la contribution apportée par le Réseau d’observation, de prévision et d’intervention en milieu marin (MEOPAR), afin de soutenir la délégation universitaire de l’équipe de recherche. Université de Calgary, Université Dalhousie, Université du Québec à Rimouski, Université de Sherbrooke, Université du Nouveau-Brunswick, Université de Victoria, Ocean Networks Canada, Université d’Ottawa
L'équipe scientifique à bord du navire est dirigée par Tom James, chercheur principal au RNCan, qui travaille aux côtés du Dr Brent Else, professeur associé à l'université de Calgary et codirecteur scientifique de MEOPAR, en tant que co-chercheur principal. L'ensemble de l'équipe scientifique est composée d'experts venus de tout le pays, issus d'universités et de ministères.
« Cette expédition est rendue possible grâce aux investissements stratégiques réalisés par le secteur privé et le gouvernement du Canada. Nous avons hâte de voir comment cette initiative façonnera l'avenir de la recherche océanographique, tant au Canada qu'à l'échelle mondiale, lorsque les idées du secteur privé, du gouvernement et du monde universitaire se rejoindront. »Soutenir la science
La conduite de recherches de ce type est essentielle pour approfondir notre compréhension des océans du monde entier. Elle permet aux scientifiques de recueillir des informations et des données pertinentes sur le changement climatique ; l'un des principaux objectifs de la Marine royale canadienne dans le cadre de cette mission est de contribuer à la protection de l'environnement à l'échelle mondiale.
« L’Antarctique revêt une importance capitale pour la planète tout entière, en particulier lorsqu’on pense à l’océan. Des eaux froides et denses se forment dans la région où nous nous rendons, apportant de l’oxygène aux profondeurs océaniques et générant des courants essentiels pour le climat mondial et la pêche. Le Canada compte de nombreux experts polaires qui étudient notre Arctique, mais en tant que pays, nous avons peu d’occasions de travailler en Antarctique », a expliqué Brent Else, co-responsable scientifique de l’expédition et co-directeur scientifique de MEOPAR. « Ce partenariat avec la Marine royale canadienne, qui nous permet de travailler à bord de l’un de ses navires les plus récents, est une formidable opportunité d’amener dans l’Antarctique d’excellents scientifiques canadiens issus des administrations publiques et des universités, et de contribuer à l’effort international visant à mieux comprendre l’océan mondial. »
« L’Antarctique revêt une grande importance pour la planète tout entière, surtout lorsqu’on pense à l’océan. »
Équipement spécialisé
L’aspect collaboratif de grande envergure de cette expédition n’était pas le seul défi à relever. Il existe très peu de navires de recherche disponibles au Canada, et encore moins capables d’effectuer un tel voyage. Et, bien que les navires modernes de la Marine royale canadienne, comme le Margaret Brooke, soient parfaitement équipés pour les voyages internationaux et puissent donc mener à bien ce type d’expédition, ils ne disposent pas du matériel nécessaire à la recherche scientifique. C’est là que les secteurs universitaire et privé ont apporté une pièce essentielle à ce puzzle collaboratif.
Un précédent projet MEOPAR, mené en collaboration avec Hawboldt Industries et financé par Irving Shipbuilding, connu sous le nom de « Modular Ocean Research Infrastructure » (MORI), avait été spécialement conçu pour soutenir la recherche scientifique à bord de navires non dédiés à la recherche.
« MORI permet de mener des recherches assez sophistiquées, que l’on ne pourrait généralement réaliser qu’à bord d’un navire de recherche hautement spécialisé, à bord de navires qui n’ont pas été conçus à l’origine pour la recherche scientifique », a déclaré Douglas Wallace, directeur scientifique adjoint de MEOPAR et professeur d’océanographie à l’université Dalhousie.
« En réalité, dès les toutes premières étapes de la réflexion autour du projet MORI, la construction par le Canada de navires de patrouille arctiques et offshore a été, dès le départ, une source d’inspiration pour le développement du concept et de l’infrastructure. » Le déploiement du MORI dans le cadre de cette mission boucle la boucle du projet en permettant aux scientifiques à bord du navire de mener des recherches essentielles grâce aux meilleurs outils disponibles.
Perspectives d'avenir
L'expédition scientifique « Margaret Brooke » illustre la capacité du Canada à collaborer et à innover, tout en apportant une contribution scientifique significative dans un contexte de relations géopolitiques tendues.
Cette expédition est l'aboutissement d'une collaboration entre trois secteurs – les pouvoirs publics, le monde universitaire et le secteur privé – et montre tout ce qu'il est possible de réaliser grâce à une collaboration fructueuse. Bien que cette expédition soit la première du genre, il est peu probable qu'elle soit la dernière, compte tenu de l'importance de ces travaux.
Innovation, Sciences et Développement économique Canada Savoir polaire Canada (POLAR) / Polar Knowledge Canada (POLAIRE)
Une expédition scientifique collaborative unique en son genre met le cap sur l'Antarctique
« Nous sommes honorés de pouvoir soutenir une collaboration stratégique d’une telle envergure »
– a déclaré Jamie Snook, directeur exécutif de MEOPAR.Une collaboration collective
Un projet d’une telle envergure repose sur de nombreux rouages, et l’ampleur de la collaboration mise en œuvre ici est remarquable. En effet, elle rassemble plusieurs organismes gouvernementaux : la Marine royale canadienne (MRC), Ressources naturelles Canada (RNCan), le ministère des Pêches et des Océans (MPO), Savoir polaire Canada, et Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) – ainsi que le soutien du Marine Environmental Observation, Prediction and Response Network (MEOPAR), afin d’accompagner la délégation universitaire de l’équipe scientifique. L’équipe scientifique à bord du navire est dirigée par le chef scientifique Tom James, de RNCan, en collaboration avec le co-chef scientifique, le Dr Brent Else, professeur associé à l’Université de Calgary et codirecteur scientifique du MEOPAR. L’ensemble de l’équipe scientifique est composé de spécialistes de haut niveau issus d’universités et de services gouvernementaux de tout le Canada.Soutenir la science
Mener ce type de recherches est essentiel pour approfondir notre compréhension de l’océan mondial. Cela permet aux scientifiques de recueillir des informations et des données cruciales sur le changement climatique, et l’un des principaux objectifs de la Marine royale canadienne pour cette mission est de contribuer à la protection de l’environnement à l’échelle mondiale. « L’Antarctique est important pour la planète entière, surtout en ce qui concerne l’océan. Dans la région où nous nous rendons, des eaux froides et denses se forment, apportant de l’oxygène aux profondeurs océaniques et alimentant des courants essentiels pour le climat mondial et les pêcheries. Le Canada compte de nombreux experts polaires spécialisés dans l’étude de l’Arctique, mais en tant que pays, nous avons peu d’occasions de travailler en Antarctique », a expliqué Brent Else, co-chef scientifique de l’expédition et directeur scientifique de MEOPAR. « Collaborer avec la Marine royale canadienne à bord de l’un de ses navires les plus modernes offre une occasion exceptionnelle de mobiliser les meilleurs scientifiques canadiens, issus des ministères et des universités, pour contribuer à l’effort international visant à mieux comprendre l’océan mondial. »« L’Antarctique est important pour la planète tout entière, surtout quand on pense à l’océan »
Du matériel spécialisé
L’ampleur de la collaboration nécessaire à cette expédition n’était pas le seul défi à relever. Le Canada dispose de très peu de navires de recherche, et encore moins de ceux capables d’entreprendre un tel voyage. Bien que les navires modernes de la Marine royale canadienne, comme le Margaret Brooke, soient parfaitement équipés pour des déplacements internationaux de grande envergure, ils ne disposent pas des équipements nécessaires à la recherche scientifique. C’est là que les secteurs universitaire et privé ont joué un rôle clé dans ce casse-tête collaboratif. Un projet précédent de MEOPAR, mené en collaboration avec Hawboldt Industries et financé par Irving Shipbuilding, connu sous le nom de Modular Ocean Research Infrastructure (MORI), a été spécialement conçu pour soutenir les recherches scientifiques à bord de navires non dédiés à la recherche.
